
cartes bon matin
Dans leur petit bassin boueux, les deux tortues des Galapagos bien connues des visiteurs du jardin botanique de Papeari se reposent. Mais l’une d’elle est dans un triste état. Ses deux pattes avant présentent de graves plaies consécutives, selon un premier examen, à de multiples morsures de chiens. L’attaque se serait produite dans la nuit de jeudi à vendredi.
Le personnel du jardin et du musée Gauguin, tout proche, a fait la triste découverte avanthier dans la matinée. Aussitôt, le vétérinaire de Papara a été prévenu. Depuis, il se rend tous les jours au chevet des victimes pour leur administrer des soins : “L’une d’elle est légèrement blessée à une patte arrière, mais l’autre présente des blessures plus inquiétantes. La tortue est un animal qui cicatrise très lentement et cela m’étonnerait que les plaies, vu leur profondeur, se referment complètement un jour”. Le plus atteint des deux animaux, âgés d’environ 200 ans rappelons-le, a comme des morceaux de steaks arrachés sur chacune des pattes avant, comparons l’endroit au coude chez l’être humain. Des piqûres d’antibiotiques lui sont régulièrement administrées, de l’éosine sert à désinfecter les plaies béantes, et de la cortisone a même été utilisée pour calmer la douleur et endormir l’animal. “Depuis plusieurs semaines, il y a un trou dans le grillage à l’entrée des jardins”, note le gardien des lieux. “Ils n’ont pas été réparés. C’est peut-être par là que les chiens sont entrés”. Arrivant péniblement à se mouvoir à cause de ses blessures, la tortue des Galapagos est dans l’expectative.
Selon le vétérinaire, ses jours ne seraient pas en dangerm ais il convient d’agir vite. Impossible, en effet, de sortir sans matériel adapté cemonstre de 200 kg de la marre de boue dans laquelle elle s’est engluée pour se protéger. Avec le risque de voir les blessures s’infecter. Brenda Chin Foo, directrice du jardin botanique, s’est rendue sur place pour constater les dégâts hier matin. Très émue, elle a d’abord prévenu l’association Te mana o temoana qui gère, notamment, la clinique des tortues marines à Moorea. Reste maintenant à trouver un moyen de levage, surveiller nuit et jour les deux tortues en attendant qu’elles soient en sécurité, et pourquoi pas trouver de quoi dresser un petit enclos, afin de prévenir toute nouvelle attaque et éviter que ces exceptionnels animaux, parmi les plus vieux au monde et depuis 80 ans à Tahiti, ne finissent comme de vulgaires garde-manger pour chiens errants. Affaire à suivre.